|
Cela faisait à présent près d'un mois que la Princesse Saori se trouvait entre la vie et la mort, plongée dans un coma profond. Un mois que Shiryu se remettait de ses blessures et reprenait des forces. Shun s'était réveillé depuis maintenant une semaine. Shiryu avait fait parvenir au Sanctuaire un message disant qu'il se remettait rapidement et qu'il se rendrait au Domaine Sacré dans deux semaines. Le jeune Jacob frappa timidement à la porte et la voix du chevalier du Dragon l'autorisa à entrer. - Shiryu, j'ai une lettre pour toi… elle vient du Sanctuaire. - Merveilleux ! Donne-la moi s'il te plaît. Le garçon lui tendit l'enveloppe et Shiryu s'empressa de l'ouvrir. Il lu quelques lignes puis son visage devint plus sérieux. - Qu'y a-t-il ? Pourquoi cet air si grave Shiryu ? Le chevalier lu à voix haute : - " Nous sommes très heureux et soulagés de te savoir en vie, tout le Sanctuaire attend ta venue avec impatience. Une autre lettre nous est parvenue, Shun se trouve au Japon et il sera là peu de temps après toi… " - Mais c'est formidable ! Tu dois être content ! - " Malheureusement… " Jacob se figea. - " Malheureusement nous n'avons aucunes nouvelles de Ikki ou de Hyoga. " Le visage du garçon se décomposa mais il finit par dire. - Ils reviendront, Hyoga me l'a promis. Le chevalier du Dragon posa une main paternelle sur sa tête - Il a de la chance… d'avoir un ami comme toi. Jacob le laissa après un sourire plein de fierté. Il se tourna alors vers la fenêtre et se perdit dans ses pensées. Shiryu En fait j'étais persuadé que nous étions tous revenus en même temps. Mais pourtant j'ai ressenti leur cosmos toucher terre à intervalles différents. D'abord Shun puis quelques jours après Ikki et encore environs deux jours après celui de Hyoga. Bizarrement, pour les deux derniers c'était très bref, quelques minutes à peine et puis ils ont disparus. J'espère qu'ils ne sont pas… Et Athéna ? Apparemment elle n'est pas encore revenue sinon le Sanctuaire le saurait. D'ailleurs pourquoi n'ont-ils rien dit à ce sujet ? J'ai quand même le droit de savoir… ! Non… inutile de s'énerver. Espérons juste qu'ils vont bien. Vivement que je rentre… fait froid ici… Shun Décidément, les hôpitaux sont les lieux où nous nous retrouvons le plus clair de notre temps, si on ne se bat pas. A présent… c'est fini… on ne se battra plus… Seiya est mort… Ikki et Hyoga ont disparu… et Athéna… je n'ai même pas pensé à demander au Sanctuaire si elle allait bien ! Quel piètre chevalier je fais ! Enfin… elle doit sûrement se remettre à l'hôpital. Dès mon arrivée en Grèce il faudra que j'aille la voir. Sa vie ne sera plus jamais en danger maintenant qu'Hadès est détruit… du moins pas avant cinq cents bonnes années. Hadès… je l'ai porté en moi… je… - Shun ? - Tatsumi ? Qu'y a-t-il ? Des nouvelles de mes frères ?! demandais-je plein d'espoir - Non… mais… - Que se passe t-il ? - Et bien… je voudrais savoir si… enfin si tu savais si… - Si Saori se porte bien ? Il rougit en bafouillant - Comprends que… Mr Kido me l'a confiée à moi aussi… même si je ne peux pas la protéger comme vous… - Je comprends. Je suis sûr qu'elle va très… Encore cette impression… le cosmos d'Athéna… c'est comme si il ondulait… c'est étrange… - Qu'est-ce qui t'arrives ? - Euh… rien ! Je pensais c'est tout ! Encore… - Je suis sûr qu'elle va très bien. - Si tu en es sûr cela me rassure. Et il sortit aussi vite qu'il était entré, me laissant seul avec ma conscience. Dans la brume d'un lieu inconnu, Ikki reprenait ses esprits, il ignorait depuis combien de temps il était là, par terre. Il regarda un peu autour de lui : du brouillard à perte de vue, l'endroit était à peine éclairé mais il distingua plusieurs arbres, il en déduit qu'il devait se trouver quelque part en forêt. Une forme inerte dans l'herbe baignée de rosé attira son attention. Il s'approcha avec prudence. A mesure qu'il avançait, sa vision se précisait, c'était un homme qui gisait là. Dans un périmètre assez important, l'herbe était gorgée de sang. Il fit un pas en avant et ne pu réprimer un cri. - Hyoga ?! Que fais-tu ici ?! L'homme sortit doucement de son inconscience et entreprit de se remettre sur ses jambes. - Ikki, c'est bien toi ? dit-il faiblement Phoenix hocha la tête en guise de réponse. - Mais… où… Il vacilla et manqua de s'évanouir. Ikki le rattrapa au vol et le maintint debout. - Tu saigne de partout… qu'est-ce qu'il t'es arrivé. - J'ai… mes veines ont éclatées… j'ai perdu Athéna… - Comment es-tu arrivé ici ? - Je n'en ais aucune idée. Mais… - Quoi ? - Je crois… que je me suis retrouvé dans un endroit étrange, sous terre… et puis plus rien à part une lumière bleue et blanche venue du ciel. - Quoiqu'il en soit, j'ignore où nous nous trouvons et apparemment toi aussi. - Et toi çà va ? - Mieux que toi en tout cas. - Est-ce vraiment le moment pour être ironique ? - Non tu as raison. Tu peux marcher ? - Je vais essayer. Je crois que j'ai des nerfs qui ont lâché avec la pression. - On est mal partis. fit Ikki en le lâchant Hyoga le regarda de haut en bas - Fais voir ton bras. Avant même qu'il n'ait pu faire quoique se soit, son frère souleva son bras droit et il réprima un cri de douleur - Cassé, c'est ce que je pensais. Il déchira ce qu'il restait de son débardeur mit son bras en écharpe. Ikki se laissa faire, de toute façon, même s'il avait voulu faire quelque chose il en aurait était bien incapable, Hyoga avait souvent montré que malgré son état apparent il n'en était pas moins redoutable et vu son propre état… bref, il valait mieux le laisser faire, cela ne pouvait lui faire que du bien après tout. - Merci. Hyoga se contenta d'un signe de tête. Soudain, une voix d'outre-tombe retentis, les faisant sursauter - Vous êtes bien les chevaliers d'Athéna ? Hyoga du Cygne et Ikki du Phoenix ? - Qui êtes-vous ?! - Je reconnais bien là la fougue de l'oiseau de feu… Vous vous en êtes plutôt bien sortis face au transfert. - Le transfert ? C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés ici ? - Exactement chevalier du Cygne. Vous vous trouvez ici aux portes du royaume de Zeus. - Nous sommes… commença Ikki - En Olympe ?! Les deux chevaliers s'entre-regardèrent et Ikki demanda - Qui es-tu ? Montres-toi ! - A ta guise chevalier. Me voici… Un homme sortit de l'ombre, il était aussi grand qu'Aldébarant, bruns aux cheveux mi-longs, ses yeux étaient d'un noir profond. - Je me nomme Iphiclès, je suis le gardien de ces Lieux, au service d'Hermès. Je suis chargé de vous conduire à Zeus. - Et si nous refusons. Demanda Ikki - Je dois vous amener devant la justice de Zeus de grès… ou de force. - Nous n'avons d'ordres à recevoir que d'Athéna. Déclara Hyoga - Sans son accord nous ne pouvons accéder à votre requête. - Ingrats ! Vous rendez-vous compte de l'honneur que vous fait le père de mon Maître ?! - Nous l'en remercions mais… Hyoga n'eu pas le temps d'Achever sa phrase que le gardien l'empoigna par la gorge et le souleva de terre. Le chevalier du Cygne tentait vainement de libérer mais il commençait déjà à suffoquer. - Lâche! Hurla Ikki - Je vous ais dit que vous viendriez avec moi par tous les moyens. - Ikki ! Va-t-en d'ici ! - Crois-tu que ton frère va te laisser mourir ainsi ? - Si tu le tues, que diras-tu à ton maître ? - Simplement qu'il s'agissait de légitime défense, que vous m'avez attaqué et que je n'ai pas eu d'autre choix que de l'éliminer mais que tu t'es lamentablement enfuis. - Espèce de… - Alors Ikki… que fais-tu ? - Tue-moi. - Comment ? - Vas-y n'hésite pas. Je n'ais pas peur de mourir en sachant que mon frère pourra échapper à ce que tu appelles la Justice de Zeus. Même si je meure je sais qu'il veillera sur les autres. Le visage de Ikki exprimait une grande émotion et celui d'Iphiclès une intense réflexion. Après quelques secondes, il relâcha le Cygne qui tomba lourdement sur le sol. Il se redressa visiblement surpris. - Pourquoi… ? - Pardonnez-moi, je me suis mal exprimé, si vous voulez bien me suivre, Zeus attend avec impatience votre venue. Il ne vous sera fait aucun mal, ni à vous ni à vos frères ni à quiconque. - Mais… ! - Allons-y, Ikki. - Bien. Bougonna le Phoenix. Et les Portes s'ouvrirent. |