Tome 2 : Chapitre 2 : Le réveil des anges


Ikki

Etait-ce possible ? Avais-je réellement bien entendu ce que Natessia venait de nous expliquer ? Ce pouvait-il que cette chose inhumaine, maintenue vivante dans un liquide étrange soit ma forme originelle ? je ne savais que penser, que croire. Je cherchais des réponses à mes questions et maintenant que je savais, je regrettais d'avoir été aussi curieux. N'aurais-je pas mieux vécue dans l'ignorance de cette histoire de science fiction ? Il y avait encore quelque jours je pouvais me permettre une certaine insouciance, souhaiter un avenir totalement différent de celui qui s'annonçait à moi.

Je m'étais découvert depuis peu, prince d'un royaume distant de plusieurs années lumières. Je n'arrivais pas à y croire, à accepter l'idée que tous ces gens dans cette ville de glace étaient mes sujets. Pour moi je ne pouvais être rien de plus qu'un orphelin devenu chevalier par la force des choses. En quelques minutes, je me voyais dépourvu de toute liberté. Bien que n'ayant pas totalement digéré la nouvelle, le poids des nouvelles responsabilités se faisait déjà ressentir. Natessia avait lourdement insisté sur le fait que l'avenir du royaume Dankradais dépendait entièrement de ma seule et unique personne en qualité que j'étais, d'héritier du trône. Fabuleux, je n'en demandais pas tant. Tout ce que je souhaitais était de savoir l'identité de ma génitrice. Je me serais contenté de cette simple information. Là, par contre c'était quand même beaucoup.

Je ne percevais pas encore l'étendu des difficultés et responsabilités qui feraient ployer mon dos mais je me sentais déjà submergé.

Natessia avait eu l'amabilité de nous laisser un temps de repos à Shun et moi. Nous étions dans deux grandes chambres adjacentes l'une de l'autre. Au milieu de chacune trônait un lit king size recouverts de couvertures brodées à nos armoiries, selon les dires de notre hôte. Cela représentait une tour de glace dans laquelle rayonnait un soleil blanc. Etrangement, je ne me sentais pas vraiment en phase avec ce blason. Une torche correspondrait mieux à ma personnalité. D'autant que le froid sibérien n'était pas pour me plaire et qu'en dessous de trente-cinq degrés je frissonnais comme une poule enrhumée.

Mon petit frère, il n'y avait maintenant plus de doute sur notre lien familial, n'avait pas souhaité se retirer dans sa chambre. Ce que l'on venait de nous révéler était trop difficile à accepter seul. Il avait besoin de ma présence à ses côtés pour être certain qu'il ne rêvait pas. Mois aussi j'avais besoins de lui. Il me semblait que personne en dehors de nous ne pouvais réaliser la profondeur du choc que nous venions de subire. Enfin, Shiryu, Hyoga et Seiyar auraient pu le comprendre mais ils n'étaient pas avec nous. Cela me fit d'ailleurs penser que nous devions les avertir. Mais comment allions nous nous y prendre ? Et Saori ? Que lui dire ? Devions nous continuer à lui obéir ?

Un autre problème me faisait paniquer : les enveloppes. Ils étaient terriblement dangereux. Mirny m'avait donné un petit aperçut de leur puissance et de leur malice. Avaient-ils deviné qui nous étions Shun et moi ? Chercheraient-ils à tuer nos amis au Japon ?

Pfff ! La vie était définitivement trop difficile, l'avenir s'annonçait sombre et lourd de guerres. J'étais fatigué de toujours devoir lutter pour la survie des innocents, même si cette fois-ci il s'agissait de mon peuple.


Hyoga

Depuis le départ de Shun j'étais seul au manoir Kido avec Seiya, Saori et Tatsumi. Je m'ennuyais ferme après mes heures de classe.

Je n'avais pas eu de nouvelle de Shun depuis presque une semaine. Depuis notre dernière promenade après que je lui eus parlé de ma mère. J'avais ressentis chez lui un changement radical de comportement. Quelque chose dans ce que j'avais dis l'avait profondément bouleversé. Pour quelle raison ? Je ne parvenais plus depuis lors à trouver le sommeil. Il y avait un élément indistinct, auquel je ne pouvais donner un nom qui me maintenait éveillé la nuit. Un pressentiment des plus désagréable.

Le samedi, jour de repos bien mérité, je m'étais levé assez tard, onze heure du matin. Je trouvais Saori et Tatsumi dans la salle à manger. Ils traînaient, chacun lisant son journal près de tasses vides et de miettes de pain depuis longtemps avalés. J'eus droit à un bonjour distrait perdu entre deux lignes d'informations. La bonne me voyant débouler arriva avec la panoplie complète du petit déjeuner effet plâtre pour estomac. En voyant tous ces mets, je savais déjà que je ne pourrais me lever de ma chaise qu'une bonne heure après avoir déjeuné.

Seiya brillait par son absence. Onze heure, beaucoup trop tôt pour lui qui n'émergeait de son sommeil que vers quatorze heure du matin. Résigné à n'avoir pour compagnie que des mordus des finances, je me mettais à la lecture de mon propre journal soigneusement déposé près de mon plateau repas par la bonne. Nous me faisions rire avec nos habitudes de vieux de vingt ans.

Un silence de plomb régnait dans la pièce. Silence que le hurlement strident du téléphone déchira d'un coup sec. Saori n'interrompit pas sa lecture, pas plus que Tatsumi. N'ayant pas beaucoup de contacts susceptibles de m'appeler au manoir je ne faisais pas non plus l'effort de me lever. Je ne connaissais personne au Japon et mes quelques connaissances russe, remontant à l'époque de ma formation de chevalier étaient tous quelques mètres sous terres à se décomposer gaiement pour les vers. Aucune chance que cet appel me soit destiné.

Le majordome alla décrocher l'indésirable combiné. Je n'entendais à peine sa voix feutrée et en réalité n'y prêtais pas la moindre attention jusqu'à ce qu'il se penche au dessus de moi. Je réprimais un sursaut de surprise, comprenant avec retard que l'on me demandais au téléphone. Tout penaud que j'étais j'allais en traînant les pieds jusqu'à l'appareil derrière la chaise de Saori. Qui pouvait bien m'appeler ? Peut-être Shun ou Shiryu, voir même Ikki mais cela me paraissait plus improbable. Je prenais le combiné et l'appuyais contre mon lobe.

_ " allo ? " dis-je intrigué.
_ " Anstrudis se réveille, il retourne auprès de son roi. "

Le temps que je comprenne la phrase la personne avait raccroché. C'était une voix de femme, douce et agréable. Elle avait des inflexions qui ne me paraissaient pas étrangères, mais je ne savais d'où elle m'était familière. Qu'est-ce que c'était d'ailleurs que cette phrase débile ? Voulait-on me faire une blague ? Je n'y comprenais rien cependant, un sentiment étrange grandissait en moi. Mes pensées s'étaient brouillées et cette unique phrase ne cessait de tourner dans ma tête comme une mauvaise ritournelle. Je me sentais de plus en plus oppressé alors que je retournais à ma chaise pour finir mon repas.

La dernière tranche de pain avalée, je retournais à ma chambre. J'étais dans un état quasi comateux. Mes pensées n'avaient plus rien de claires. J'évoluais dans un brouillard cotonneux ou seule m'apparaissait clairement la petite phrase susurrée à mon oreille.

Mécaniquement, je sortis mes valises et fit deux trois bagages. Je ne me rendais même pas compte de ce qu'accomplissaient mes membres. J'entendais sans cesse " Anstrudis ", " retour ", " roi ". Plus elle se répétait plus la phrase me semblait cohérente. En quoi ? je n'en avais pas la moindre idée. Après avoir rempli trois valises, une intuition étrange me dit de tout défaire. J'attrapais un sac à dos, y jetais quelques vêtements de quoi faire une toilette sommaire, le stricte minimum. C'était mon sac de sport habituel. A treize heures, comme tous les samedis je sortis pour aller à l'entraînement de natation. Personne ne fit attention à mon départ. Le train train habituel du week-end. En route, je hélais un taxi pour qu'il me dépose à l'aéroport.

En entrant dans le grand hall, je me dirigeais vers les toilettes pour homme. J'entrais dans le troisième boxe en partant du fond. Je me penchais au dessus de la cuvette, rabaissais la lunette et démontait le tuyau d'alimentation en eau. Je n'avais plus aucun contrôle sur mon corps. Il agissait avec une autonomie déroutante. A chaque nouveau geste, je n'avais pas la moindre idée de ce que serait le suivant pourtant, j'agissais comme si je faisais cela tous les jours. Au fond du tube de plastic ce trouvait une boîte hermétique. Il y avait sur le devant une serrure en forme de croix. Un problème auquel mon subconscient trouva immédiatement solution. Je tirais de sous ma chemise ma chaîne et son pendentif en croix offert par ma mère pendant mon enfance. Je la plaquais contre la serrure, l'y intégrais et fis pivoter l'engrenage. Le socle s'ouvrit avec un petit " floc ". Je le dégageais et plongeais ma main dans la boîte pour en retirer un billet d'avion. Mon vol partais dans moins d'une demie-heure. J'avais tout juste le temps de le faire enregistrer. Avant de ressortir, une impulsion me poussa à pulvériser l'objet.


Seiya

Quinze heure du matin, le manoir kido est vide comme tous les samedis. Hyoga barbotte dans l'eau de la piscine, Saori essaye désespérément de vider l'un de ses comptes dans les boutiques de luxes de la capitale et Tatsumi la suit comme le bon chien chien qu'il a toujours été. La maison était donc rien qu'à moi. Après avoir dévoré la moitié du frigo je m'affalais heureux et rassasié devant la télé. J'avais toute une panoplie de nouvelles cassettes vidéos à regarder.

Le samedi, mon jour favoris, celui de la glandouille en solitaire. Mmmm quel bonheur. Pour ce jour je commandais toujours des DVD que me livraient les vendeurs de mon magasin fétiche. En général, le coursier arrivait vers quinze heure trente mais aujourd'hui il vint vingt minutes plus tôt.

Magnifique, cela m'offrait du temps en plus de visionnage. C'était un grand jeune homme roux qui sonna à la porte. Sa physionomie était étrange, un nouveau certainement, je ne me rappelais pas l'avoir déjà vu. Il me tendis le colis et avant de me faire signer le reçu, me tendis un autre DVD.

_ " Commencez par celui-la, il est excellent, conseil et cadeau du patron.
_ Oh ! Coool ! Je vais m'y mettre de suite. "

Je le payais et fermais la porte. Le DVD en question n'avait aucun titre. La jaquette était noir avec un petit sigle en bas, un rond dans un carré. Ca ne me disait vraiment rien et pourtant mordu de manga comme moi, y'a pas. L'étrangeté de l'emballage aiguisa ma curiosité. Je posait mon carton sur une table et insérais mon CD dans le lecteur.

Je m'installais bien confortablement avant d'appuyer sur la toucher lecture de la télécommande.

Un écran noir apparu suivit de lettres qui défilaient à toute vitesse les unes après les autres. Cela était tellement rapide que je ne parvenais à savoir de quelles lettres il s'agissait. Bizarre comme début. Plus le défilement était rapide plus une image s'imprégnait dans ma tête. Cela ressemblait à un message subliminal que mon cerveau pouvait petit à petit décrypter. Il disait : " Théobaldus se réveille, il retourne auprès de son roi ". Après vingt minutes de visionnage j'avais le cerveau en compote. J'éteignis le lecteur DVD, sortant le CD que je détruisis ainsi que la jaquette. Pourquoi un tel acte ? Je ne le savais pas, cela me semblait couler de source. J'attrapais mon discman et quelques CD, enfilais mes tennis et courais vers la gare de Tokyo. En cassant le boîtier du DVD j'y avait trouvé une carte de crédit.

Le code, je le connaissais comme par miracle, comme si elle m'avait toujours appartenue. Je n'éprouvais aucun scrupule à payer un billet de train et un de bateau avec des fonds dont je ne connaissais pas la provenance. Je ne réfléchissais de toute façon pas, j'agissais un point c'était tout.


Shiryu

Je m'étais entraîné toute la matinée au bord de la cascade comme au temps où le vieux maître surveillait mon entraînement. Ma vie au cinq pics était monstrueusement routinière mais elle me plaisait. Vers midi comme tous les jours, je quittais les eaux furieuses pour rejoindre Shunrei dans ce qui était maintenant notre maison. La table était dressée comme toujours. Elle avait déjà rempli nos bols de riz et une soupe de tripes de mouton mijotait sur le feux.

Elle me questionna sur mon entraînement comme toujours et je lui répondis que j'avais bien travaillé, encore une fois comme toujours. Je l'embrassais rapidement avant de m'asseoir en bout de table, comme toujours. Shunrei me servit et attendis, invariablement des autres jours, que je goûte le premier avant de commencer son propre repas.

Comme toujours nous parlâmes des ce qu'elle avait fait ce matin, du temps qui ferait pousser ou non nos semences, en un mot nous reproduisions le schéma typique des autres jours.

En apportant le dessert, boules de coco parfumées au gingembre, Shunrei déposa près de moi une enveloppe.

_ " Tu as tu courrier ".

Sa voix avait eu un léger tremblement nerveux et cela ne lui était vraiment pas coutumier. J'éprouvais un sentiment de panique, l'attitude de ma femme, m'avait mis dans un état d'alerte.

J'ouvrais soigneusement l'enveloppe, pas vraiment pressé de savoir ce qu'elle contenait. Il y avait une feuille pliée en quatre. Je la dépliais. Rien, aucune écriture sur les deux faces. Seul un petit logo étrange était visible en bas à droite du recto. Un rond enclavé dans un carré. Je ne comprenais rien. Ma première réaction fut de jeter la feuille mais mon geste mourra avant de s'accomplir. Une force me poussait à conserver soigneusement le papier. Je le repliais et le glissais dans la poche de ma chemise. Je me sentais tout drôle.

Comme d'habitude, je me levais, déposais un baiser sur le front de Shunrei, qui me parut d'ailleurs moite de sueur, et repartais à l'entraînement. Arrivé aux pieds mousseux de la cascade, je ressortis la feuille, que je dépliais à nouveau. Là, sous la violence du soleil d'été, apparurent petit à petit des taches. Elles grandirent formant des lettres, des mots et finalement une phrase.

" Matthaeus se réveille, il retourne auprès de son roi ".

Etrange, cela ne voulait absolument rien dire. Je me levais cependant et courais vers la route, que je n'empruntais que très rarement, celle menant à la ville. J'aurais voulu embrasser à nouveau Shunrei mais mes jambes avançant seules ne me le permirent pas.


Shunrei

J'avais craint que ce jour n'arrive réellement. Toutes ces années passées près de lui sans que rien ne se déclenche. J'avais fini par me persuader que le haut commandement nourrissaient de faux soupçons à son sujet. Pour moi, il était un chevalier comme un autre. Le seule homme à avoir partagé mon lit jusqu'à aujourd'hui. Devais-je faire ce que l'on attendait de moi ?

Je l'aimais plus que tout au monde, mais ma nation devait l'emporter sur les faibles sentiments humains. Quand il partit comme tous les jours après déjeuner, je savais qu'il ne reviendrait pas. J'attendais un moment puis allais au téléphone. Je composais le numéro et tombais sur l'opératrice.

_ " Un appel pour la Russie en PCV ! "

Je donnais le numéro qui dès demain n'existerait plus. Une voix autoritaire me dit allo en russe.

_ " L'oiseau retourne aux bercailles. "

Je raccrochais, ma mission accomplie et m'effondrais étouffée de sanglots.

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Cette fiction est copyright Eberena Annie-Naïla.
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.