Tome 1 : Chapitre 6


SHUN

Après un débat de quinze minutes, Ikki et moi avions décidé de nous rendre au rendez vous de la jeune femme. Ce pouvait être une embuscade mais nous nous savions assez forts pour nous en sortir. De toute façon nous étions trop curieux de savoir ce qu'elle avait à nous dire et la dernière phrase de son mot avait été l'élément principale de notre persuasion. Si elle avait fait partie de nos ennemis, je ne pensais pas qu'elle nous aurait avertis de la surveillance dont on faisait l'objet. Et, son attitude mystérieuse avait grandement aiguisé notre curiosité.

Nous avions donc préparé nos sacs de bonne heure. En arrivant dans la ville mon frère avait réglé la note d'hôtel pour une durée de sept jours. Il nous restait donc quatre jours de location mais une intuition nous poussa à prendre l'ensemble de nos bagages car il y avait de fortes chances pour que nous ne revenions pas ce soir. Cette ville ne serait plus un endroit sûr pour nous, si en effet il s'agissait d'un piège.

L'heure du rendez-vous arrivait enfin. Avant de sortir de notre chambre, chargés comme des mulets, Ikki avait scanné mentalement toutes les pièces de l'hôtel. Il y avait peu de monde pour remarquer notre départ. Une vielle femme dormait à poings fermés dans une chambre de l'étage supérieur. Le patron des lieux faisait sa comptabilité dans un bureau au fin fond de l'hôtel. Aucune trace de Wolff à l'horizon. Et, quant au groom et derniers serveurs encore présents, ils n'avaient à ce que disait Ikki pas assez de force mentale pour résister à une quelconque forme de manipulation psychique. Ils n'auraient pas vu le carnaval de Rio passer sous leur nez si mon frère l'avait voulu. C'était donc avec sérénité que nous avions descendu l'escalier, traversé le hall d'entré, le restaurant et les cuisines pour sortir par la porte de service. Ikki prit dans sa poche, le plan fait par notre mystérieuse serveuse et nous nous engageâmes dans un dédale de ruelles sombres. Elle avait vraiment bien choisi son chemin. La majorité des rues que nous empruntions étaient bordés de hauts bâtiments dotés de grands balcons qui projetaient sur le trottoir une large ombre. En nous collants aux parois des immeubles, nous pouvions passer inaperçu, protégés par le noir de l'ombre.

Nous courions sur la pointe des pieds pour faire le moins de bruit possible. Ikki, grâce à ces pouvoirs scannaient les rues devant nous alors que je me retournais de temps à autre pour m'assurer que nous n'étions pas suivis. Le plan nous mena devant une petite porte de bois peinte en vert. Elle était grossièrement encastrée dans le mur nord d'une bâtisse délabrée. Arrivés à quelques mètres de notre point de rencontre nous nous cachâmes dans l'ombre d'un porche pour observer les lieux. Nous étions en avance de quelques minutes et notre contacte n'était pas encore arrivée. L'endroit était totalement désert, aucune véritable habitation n'étant assez proche.

Des bruits de pas, qui pour des oreilles de simple humain auraient été imperceptibles, éveillèrent notre instinct de chevaliers. Il venait de notre droite et s'approchait rapidement du centre de la rue perpendiculaire à la notre. La personne qui s'approchait avait une allure saccadée. Elle marchait d'un pas précipité et semblait de temps en temps ralentir ; sans doute pour surveiller ses arrières. Soudain une silhouette apparut sur le trottoir d'en face. Elle paraissait fine et élancée, même si un long manteau difforme la couvrait de haut en bas. Une large capuche, ornée de fourrure (comme tout manteau dans ce pays) était rabattu sur la tête de l'individu, cachant ainsi la totalité du visage. La personne s'arrêta devant la porte. Regarda aux alentours avant de sortir de sa poche un jeu de clefs.

_ " C'est elle. Viens ! " m'ordonna Ikki.

Aussitôt, je me levais et le suivis en direction de l'inconnu.

_ " prépare ta chaîne d'attaque !" ajouta Ikki avec calme.

Je l'appelais par la pensée et elle vint se loger dans la paume de ma main droite. Elle venait d'ouvrir la porte quand Ikki l'attrapa de derrière, plaçant une main ferme sur sa bouche.

_ " ne criez pas et tout ira bien ! " lui chuchota-t-il au creux de l'oreille.

Elle acquiesça d'un mouvement de tête. Mon frère poussa la porte et j'envoyais ma chaîne fouiller l'intérieur du bâtiment. Elle revint peu après, calme.

_ " Rien niisan. Ni humain, ni piège, c'est vide. "

Tout le temps de la fouille mon frère avait sans effort maintenu immobile notre hôte qui ne s'était pas le moins du monde débattue. Elle avait simplement attendu patiemment que notre fouille se termine.

_ " Bien ! Je vais vous lâcher mais rappelez vous qui si vous voulez nous faire un coup pendable, vous serrez morte avant d'avoir la chance de pousser le moindre son. "

Elle approuva à nouveau calmement et Ikki s'éloigna d'elle doucement. Ils entrèrent dans la pièce et je les suivis, fermant la porte derrière moi. Nous restâmes dans l'obscurité quelques seconde jusqu'à ce qu'elle fasse craquer une allumette pour brûler la mèche d'une lampe à huile. La salle où nous nous trouvions était dans un piteux état. Le papier des murs était moisi et partiellement arraché. Une épaisse couche de poussière recouvrait le carrelage défoncé. Le mobilier consistait en tout et pour tout d'une vielle table de bois et quelques chaises rafistolées de partout.

_ " Vous ne me faites pas confiance ? " C'était plus une constatation qu'une question. " je comprends. Je me serai de toute façon inquiétés si vous m'aviez suivie sans poser de question. "
_ " Qui êtes vous et que nous voulez vous ? " Trancha Ikki, peu enclin à la laisser piailler longtemps.

Elle releva sa capuche et apparut son visage d'icône qui m'avait tant frappé la première fois. Ses cheveux blonds étaient maintenu en une longue tresse enroulée sur sa tête. Elle avait de grands yeux bleus cristallins que relevaient le rose de ses joues pleines. Un femme belle ; belle comme les italiennes de De vinci.

_ " Je m'appelle Priska ! " dit-elle d'une voix douce.
_ " Bien Priska, que nous voulez-vous ? "
_ " Du calme Ikki, je ne suis pas votre ennemie. "

Nous étions abassourdis. D'abord, elle connaissait le véritable nom de mon frère et sans doute le miens aussi, alors que nous nous étions présentés à l'hôtel sous de fausses identités. Ensuite, elle nous avait parlé dans un japonais parfait, si ce n'est le charment accent qui me rappela Hyoga. Elle avait l'air avenant mais nous ne nous méfions pas moins. Voyant que nous étions toujours sur nos gardes, elle attrapa une chaise, s'y assit et nous demanda poliment d'en faire autant.

_ " Etes vous certains que personne ne vous a suivi ? "
_ " Oui ! Et maintenant répondez à ma question. "
_ " Vous n'êtes pas très patient hein ?… Ecoutez…. Je sais ce que vous cherchez et je peux vous aider à trouver des réponses à vos questions. "
_ " Comment ça ? " demandais-je surpris.
_ " Il y a beaucoup de choses que vous ignorez. Vous et les autres. "
_ " Qui ça ? "
_ " Vos camarades, Seiya, Shiryu et Hyoga ! Nous pensions d'ailleurs que vous seriez tous venus ensemble. Mais c'est peut-être mieux que vous ne soyez que deux. Au total vous auriez éveillé les soupçons bien plus vite. "
_ " Mais comment nous connaissez vous et de quoi voulez vous parler ? "
_ " Chaque chose en son temps Ikki. Chaque chose en son temps. Pour l'heure il nous faut partir vite. Les enveloppes sont déjà après vous. Je suis venue vous chercher parce que vous n'êtes plus en sécurité ici. "
_ " Les enveloppes ? " J'étais totalement perdu.
_ " Oui ! la presque totalité des habitants de cette ville en sont. "
_ " Sont quoi ? " elle ne connaissait apparemment pas le petit degré de patience de mon frère.
_ " Vous verrez plus tard. Les explications viendront en temps voulu. Pour l'heure il faut absolument quitter Mirny. Le professeur vous attend dans une maison à quelques kilomètres. "
_ " De qui parlez vous ? " la colère allait crescendo chez Ikki. " Ecoutez, si vous voulez qu'on vous fasse confiance et donc qu'on vous suive, va falloir nous donner plus d'éléments. "
_ " Ca suffit Ikki ! va aussi falloir que vous appreniez à reconnaître vos amis quand ils se montrent à vous. Il y a plus de mille habitants dans cette ville prêts à tout pour raccourcir votre espérance de vie. Alors, ou vous me suivez, ou vous continuez vos ridicules recherches au risque de leur tomber entre les mains. "
_ " Ca ne me dit toujours pas qui est ce fameux professeur. " répondit Ikki imperturbable.
_ " Vous êtes borné Ikki. " Puis elle s'approcha de nous. " Il s'agit du…. "

Un bruit à l'extérieur nous figea sur place. Priska nous fit signe de nous taire et éteignit la lampe à huile. Puis en chuchotant nous demanda.

_ " je croyais que personne ne vous avait suivi. "
_ " ben nous aussi. " répondis-je un peu énervé.
_ " suivez moi. "

Elle attrapa la main d'Ikki et j'en fis autant. Dans le noir, nous nous dirigeâmes vers l'un des murs et je l'entendis plus que ne vis pivoter sur lui même. Priska nous tira dans ce qui devait être une chambre secrète et le mur pivota à nouveau. Notre guide, si l'on puit dire, alluma à nouveau la lampe à huile.

_ " Ils ne sont pas prêts de trouver le passage. On va attendre qu'ils partent. " reprit-elle.
_ " Qui est-ce ? " demandais-je curieux.

Ikki allait répondre mais des bruits parvenant de l'autre côté du mur le firent taire. Les intrus semblaient retourner le peu de meuble qu'il y avait. Ils étaient plusieurs à en juger les bruits de pas. Des voix commencèrent à s'y élever.

_ " Ils n'ont pas pu se volatiliser. Ils sont forcément là ! je sens leur présence. "

Je reconnus sans peine la voix de Wolff.

_ " C'est pas possible. " s'exclama mon frère.
_ " Quoi ? "
_ " Il ne peut pas être là, je le perçoit comme s'il était de l'autre côté de la ville. "
_ " Que voulez vous dire ? " demanda Priska. Elle avait l'air apeurée.

Ikki lui expliqua comment il s'était immiscé dans l'esprit du jeune homme de sorte à surveiller tout ses allées et venues. Il ne comprenait pas comment il pouvait se trouver là alors que lui même le voyait ailleurs.

_ " Retirez vous immédiatement de son esprit. " ordonna Priska. " Vite ! "


IKKI

Le ton de Priska avait quelque chose de très angoissé. Ainsi, sans discuter je me désolidarisais des pensés de Wolff, tout du mois essayais-je. Dès que je voulus me retirer de sa tête je sentit une force incroyable m'agripper. C'était comme ci des griffes acérées s'accrochaient à mon mental. Elles me traversèrent de douleur et je m'écroulais tant l'agression était soudaine et violente. Mes mains se portèrent immédiatement à mes tempes alors que je luttais du mieux que je pouvais contre l'envahisseur. Dans le lointain, j'entendais la voix de Priska qui m'ordonnait de le repousser le plus violemment possible. Je faisais de mon mieux mais il me semblait perdre du terrain devant la volonté qui voulais violer mes pensées.

_ " C'est trop dur… " réussis-je à dire dans ma souffrance.

Priska s'approcha de moi et je sentis ses mains se poser sur mes épaules.

_ " Calmez vous. "

Soudain, une sorte de chaleur envahit mon être. Je perçu dans ma tête une force nouvelle. Elle n'avait pas la violence de Wolff. C'était quelque chose d'infiniment doux bien que puissant. Quelque chose qui semblait recoller les pièce éparses de mon être. Je sentis ma propre puissance refaire surface comme portée par cette volonté amie. Elle m'emmena vers l'autre, l'esprit qui cherchait à dépecer ma pensée. Guidé par elle, j'usais de ma volonté pour envelopper l'esprit de wolff et l'éjectais hors de moi avec une fureur toute nouvelle.

_ " Protégez vous ! Créez des remparts autour de votre esprit. "

J'obtempérais immédiatement et dressais des barrières mentales le plus vite possible. J'avais mené là un nouveau type de combat auquel je n'étais pas du tout habitué. Il m'avait laissé totalement épuisé. J'étais encore sous le choc. Non seulement de l'agression de Wolff mais aussi de la sensation de plénitude que m'avais laissé l'intervention de Priska car, il ne pouvait s'agir que d'elle. En ce court instant où nos esprit s'étaient liés, j'avais découvert tout un univers de sensations. Il me semblait avoir eut l'espace d'une seconde une compréhension absolue de l'univers tout entier. J'avais embrassé la personnalité complète de Priska et n'y avais trouvé qu'amour sagesse et douceur. J'eus dans cette seconde la certitude absolue qu'elle était notre alliée et plus encore. Ma confiance en elle se fit totale.

Je me relevais péniblement, soutenu par mon frère et la dévisageais. Je vis dans ces yeux qu'elle devinait mes pensées. Avait-elle aussi eut un aperçu global de ma personne ? certainement.

_ " Que s'est-il passé ? " demandas Shun qui n'avait rien partagé de cette merveilleuse, quoi que pénible, expérience.
_ " Votre frère s'est fait avoir ! " dit-elle simplement. " Vous êtes puissant Ikki, mais vous ne maîtrisez pas assez vos pouvoir. Wolff vous a laissé croire qu'il était un bien médiocre télépathe et alors que vous pensiez le maîtriser, c'est en réalité lui qui vous a manipulé. C'est comme ça qu'ils ont su pour le rendez-vous. "
_ " je ne pensais pas … "
_ " Que des personnes autres que chevaliers pouvaient avoir un tel pouvoir ? " Elle sourit gracieusement. " c'est normal. Vous ignorez tant de choses. Maintenant au moins vous avez foi en moi. " j'approuvais de la tête. " Il va être plus difficile de quitter la ville. Ils doivent surveiller toutes les sorties. Il nous faut une idée lumineuse et vite. "
_ " Comment comptiez-vous nous faire quitter la ville ? " demanda Shun.
_ " j'ai caché un traîneau et un équipage de chiens à quelques mètres d'ici. Si on arrive à sortir d'ici peut-être y arriverons nous avant qu'ils ne le découvrent. "
_ " pour ça faudrait pouvoir sortir d'ici, et je ne pense pas qu'ils laissent le bâtiment sans surveillance. " rétorquais-je.
_ " où mène la façade derrière nous ? "

je sentais que Shun avait une idée derrière la tête.

_ " Il est accolé au sous-sol d'un autre bâtiment, mais ils n'existe aucune trappe pour passer d'un bâtiment à l'autre. "
_ " Donc, reprit Shun, Wolff et les autres ne pourraient imaginer que nous y soyons ? "
_ " Non mais de toute façon nous ne pouvons y aller. Il n'y a aucun passage entre les….. "

Priska se tut subitement. Je voyais dans ses yeux qu'une idée faisait son petit bonhomme de chemin. Sans doute avait-elle deviné où Shun voulait en venir, mais moi j 'étais dans le flou total.

_ " Bien sûr…… " Elle sourit à mon frère toute excitée puis se tourna vers moi. " Ikki, Les enveloppes savent que nous sommes là parce qu'ils ont lu vos pensées, mais ils peuvent aussi percevoir le mouvement des essences humaines. Si nous passons de l'autre côté, ils ne tarderont pas à s'en rendre compte. Nous devons effacer totalement notre emprunte énergétique de la surface de cette planète. "
_ " Ben voyons ! Et on fait ça comment ? Pis d'abord comment on va passer de l'autre côté ? "
_ " Shun va s'occuper du passage. Nous deux on se charge de brouiller les pistes. Respirez profondément et concentrez vous. "

Elle vint se placer devant moi et plongea son regard azur dans mes yeux. Je sentis à nouveau sa présence en moi. Un voix, la sienne résonna dans ma tête.

" Chaque individu possède une emprunte psychique. Etendez votre conscience dans l'espace, au delà de vous même, au delà de ces murs. "

Je me concentrais et sentis mon univers intérieur grandir. Je me multipliais et prenais différentes formes. J'avais conscience de toutes particules à des kilomètres à la ronde. J'étais à la fois la neige sur le sol, les murs de pierres blanches, la vieille dame buvant son chocolat chaud ou l'enfant qui jouait dans sa chambre. J'étais à la fois tout et un.

" Bien Ikki ! Vous prenez conscience de tout ce qui est présent ; de tout ce qui est pensé, ressenti, désiré. Trouvez nous. "

J'obéis et zoomais sur nos trois corps. Alors que je me concentrais sur notre petit groupe, je ressentis pour la première fois la véritable essence de mon frère. Cela me fit un choc. Il y avait autour de lui une aura puissante, brûlante. Quelque chose de si grand qu'il en était subjuguant. C'était une force autoritaire dans une boîte de douceur. Je faillis me déconcentrer tant je fus surpris mais je sentis l'influence de Priska qui me ramenait vers ma tâche.

" Maintenant Ikki, isolez nous d'eux. "
" Comment ? "
" Comme vous protégez vos pensées des leurs. Dressez des barrières. "


Je me concentrais à nouveau. J'allais récolté les énergies éparses des éléments autour de nous. L'énergie neutre de la neige, des briques, pierres, animaux tout ce qui n'avait pas de conscience humaine. Je les rassemblais, les liais les une aux autres et érigeaient des murs de neutralité, de vide autour de nous trois. Je nous fis disparaître de cette toile énergétique.

" Bien Ikki ! Concentrez vous sur ces barrières, elles ne doivent pas se dissoudre. "

Elle se retira lentement de mon esprit, me laissant une sensation de manque et s'approcha de Shun.

_ " Allez-y "

Mon petit frère posa ses deux mains sur le mur et ferma les yeux. Je vis le bout de ses doigts se mettre à scintiller puis il me sembla que le mur se gondolait autour de ses mains. Je croyais rêver mais la pierre ramollissait véritablement sous mes yeux. Bientôt se forma un trou qui se fit de plus en plus grand jusqu'à devenir assez grande pour que nous puissions passer. Priska s'engouffra la première dans la brèche suivi de Shun et puis de moi. Une fois dans l'autre bâtiment, Shun referma la brèche.

_ " Il y a une trappe ici qui mène à l'extérieur. En sortant de ce côté nous serons à quelques mètres à peine du traîneau."

Je percevais la présence de personnes dans toutes les rues dehors. Si Wolff et ses amis ne pouvaient nous localiser par la pensée, ils pouvaient toujours nous voir une fois dehors.

_ " Il y a des gens partout. On peut toujours pas aller dehors. " fis-je remarquer.
_ " Sauf si on les force à partir. " s'écria mon frère. " Je peux provoquer une tempête de neige assez forte pour les obliger à se mettre à l'abri et ça abaisserait la visibilité au niveau zéro. "
_ " Bonne idée Shun, d'autant que nous somme en plein dans la période des tempêtes. La votre ne devrait pas éveiller les soupçons. "

Shun se concentra et j'entendis dehors le vent se mettre à rugir comme un diable. Les poutres de charpente commencèrent à grincer, malmenées par la force du blizzard. J'entendis dehors les pas précipités des hommes et femmes qui courraient vers leur domicile. Priska nous fit attendre un peu puis souleva une daller de pierre qui cachait une série de marche.

_ " Il n'y a plus personne dans les rues et je ne crois pas qu'ils s'imaginent que nous oserions sortir par un temps pareils. Allons y. "

On descendit quelques marches puis nous retrouvâmes dans un étroit couloir sombre. Il n'était pas bien long et nous mena à une autre série de marche qui remontait. Au bout se trouvait la porte qui certainement donnait sur l'extérieur. Priska ouvrit la porte et je fus confronté à une vision d'apocalypse. Les vents soufflaient dans tous les sens arrachant de-ci delà quelques tuiles qui dansaient dangereusement dans l'air. La neige tombait si abondante qu'on ne voyait pas à dix centimètres devant. Je n'étais pas franchement rassuré et Shun dut s'en apercevoir.

_ " Ne t'inquiète pas niisan, je vais créer une bulle calme autour de nous. "

Nous sortîmes ensemble et en effet, ni le vent, ni la neige, ni le froid ne nous touchèrent. Les gens courraient en tous sens nous frôlant parfois sans même nous voir. Nous faisions en quelque sorte partie de la tempête elle même. Priska nous guida jusqu'à un entrepôt non loin. Je l'aidais à l'ouvrir alors que Shun montait la garde. Les quelques trente chiens qui y roupillaient se levèrent brusquement accueillant leur maîtresse avec des jappements de joie. Elle les harnacha et on poussa le traîneau vers l'extérieur. Shun y grimpa à notre suite et Priska fit filer les chiens vers le nord. Rapidement, Mirny ne fut pour nous qu'un mauvais souvenir.

Chapitre précédent - Retour au sommaire - Chapitre suivant

www.saintseiya.com
Cette fiction est copyright Eberena Annie-Naïla.
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.