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SHUN Mirny était une cité bien étrange. Petite bourgade perdue au milieu des plaines glacées de Sibérie, elle étalait des richesses toutes exotiques. Ses bâtiments, plus larges que hauts, avaient une architecture très éloignée des modèles russes classiques. Certaines des petites maisons en périphérie du centre ville avaient leur toit incurvé comme les demeures traditionnelles chinoises. Notre hôtel, le seul de la ville, présentait une décoration coloniale. Ses meubles de palissandre réchauffaient les murs de stuc clairs. Il nous avait fallu quelque temps pour nous remettre de notre terrible découverte. Après avoir redescendu le corps artificiel de la mère de Hyoga, nous avions fait route, dans un silence d'outre tombe, vers Mirny. En entrant dans la ville notre premier souci fut de trouver un logement. L'unique hôtel nous accueillit avec grande joie, les touristes ne se bousculant pas dans ce coin de la planète. De nombreuses chambres étaient disponibles, mais Ikki jugea plus sûr de loger tous les deux dans la même pièce, ce malgré l'insistance du directeur pour nous louer ses deux plus belles suites. A regret, un jeune groom délaissa son programme télé pour nous mener à nos nouveaux appartements. C'était une vaste pièce avec une grande baie vitrée pour mur nord, voilée d'épais rideaux en velours pourpre au dessus de mousselines blanches. J'aimais assez la décoration très inspirée du second empire et le vert de la tapisserie mettait en relief le merisier des meubles antiques. Dès que notre guide nous laissa seuls, j'allais m'affaler dans le lit de droite. Le matelas était moelleux et je m'enfonçait avec bonheur sous la couette en plume. C'était agréable de sentire autre chose que la morsure du froid sur mes membres fatigués. Ikki, toujours à cogiter rangea méticuleusement nos affaires dans les commodes près de la salle de bain. Il vint ensuite s'allonger sur son lit et, mains derrière la tête, scruta pensif le plafond blanc. Je m'assoupis assez rapidement et me réveillais quelques heures plus tard secoué par mon frère. _ J'ai réservé une table au restaurant de l'hôtel. Prépare toi. L'esprit encore dans les brumes du sommeil, je me dressais au ralenti. Ikki m'avait sorti des vêtements frais et chauds. J'allais prendre une rapide douche puis, m'habillais en hâte. Ikki avait pris nos mentaux et je devinais, en voyant nos deux sacs à dos pleins, que nous sortions après dîner. Décidément, nous allions de surprises en surprises. Je ne me serai jamais attendu à déguster des mets aussi délicats en plein désert de glace. Je ne comprenais tout simplement pas comment il pouvait se fournir en fruits exotiques tels que le papayes et autres à cette époque de l'année où les bourrasques de neige empêchaient tout vols et les eaux gelées condamnaient les bateaux à rester au port. La glace que j'avais choisi en dessert fondait délicieusement sur la langue. C'était comme manger un nuage. J'avais l'impressions de me retrouver dans le merveilleux, et onéreux, salon de thé que nous avions découvert il y a deux ans. Malgré la qualité du repas, mon frère ne parvenait à se détendre. Quelque chose semblait lui causer de gros soucis. _ Qu'est-ce qu'il y a ? Demandais-je enfin. _ je sais pas trop. Cette ville a quelque chose de louche. Il y a trop, trop de choses illogiques ici. Pendant que je dormais, mon frère avait fait un rapide tour de la ville. C'était un coin paisible. Il n'avait vu aucune usine à proximité. L'essentiel des bâtiments composants la cité étaient des pavillons domestiques. De grandes maisons vastes et solides entourés de jardins que l'on devinait bien travaillés même sous l'épaisse couche de neige. Le centre ville rassemblait la mairie que jouxtaient les différents établissements scolaires. Il y avait aussi une salle polyvalente qui servait autant de gymnase que de cinéma. A cela s'ajoutait un supermarché, une pharmacie et peut-être cinq magasin vestimentaires. Je m'étonnais ouvertement qu'Ikki ait tant insisté pour venir ici. Manifestement cette ville ne présentait aucun intérêt. Ikki leva les yeux au ciel puis me regarda le sourire aux lèvres. _ Y'a rien qui te choque ? Je compris à son ton qu'il en était venu à une importante conclusion mais je ne voyais rien de particulier dans l'exposer qu'il venait de me faire. _ Shun, cette ville a de quoi fournir du travail à maximum 60, 70 personnes. Or, ici vivent plus de 400 familles dont le niveau de vie est plus qu'aisé. La prochaine agglomération qui pourrait fournir des emplois suffisant pour maintenir un tel train de vie est à plus de 400 km. Alors, la question est : d'où ces gens tirent-ils leurs revenus ? _ Peut-être que ces personnes sont de riches rentiers venus ici pour profiter du calme. _ Shun ! En général, quand t'es riche et que tu recherche le calme, la paix et la belle vie, tu vas dans une super île, sur la Cote d'Azur ou en Floride mais, ça m'étonnerait qu'un trou perdu au centre de la Sibérie, là où il ne fait jamais plus de zéro degré soit une destination prisée par la Jet-set. _ Ok, tu n'as pas tord. Donc, à supposer que ces gens ne soient pas totalement masochistes, cela signifierait qu'ils ont un emploi très bien rémunéré dans le coin. Sinon, quel intérêt de construire une ville loin de tout ? _ Exactement frangin. On en arrive don à ma seconde hypothèse. Ces personnes gagnent beaucoup c'est certain. Ils travaillent donc pour une ou plusieurs grosses boîtes. Or, il n'y a autour de nous absolument rien de rien, pas d'usine, pas de centre d'affaire, aucune ville à proximité, pas d'aéroport, rien, nada ! J'en conclu donc que c'est le lieu idéal pour plaquer un centre de recherche génétique. _ Tu crois que la zone 41 se trouverait ici ? _ J'en mettrai ma main à couper. Le professeur Ujioka s'est fait tuer parce qu'il s'apprêtait à me révéler quelque chose. Je ne crois pas qu'il nous aurait indiqué ce lieu pour rien. _ Ce qui explique les sacs à dos. _ Absolument ! Nous allons jouer les explorateurs ce soir. _ Ca m'enchante pas des masses. _ je sais mais t'as pas le choix. Super ! Justes ce qu'il me fallait, passer toute la nuit à me mouiller sous la neige. Tout aurait été cent fois plus simple si nous trouvions un énorme panneau où on aurait marqué : " Zone d'expérimentation secrète payée par la fondation Kido ". Après dîner nous prîmes nos affaires pour aller ausculter la ville. Ikki m'avait enfoncé de force un bonnet sur la tête pour cacher la coloration particulière de mes cheveux qui certainement éveillerait la curiosité des passants. Il y avait foule dehors. Quelques enfants se querellaient à coups de boules de neiges. La ville avait été décorée de lampions multicolores. Devant la mairie une estrade soutenait un orchestre qui jouait des balades traditionnelles russes. Il y avait sur plusieurs tables recouvertes de draps blancs des boissons chaudes, principalement du thé, et quelques gâteaux. Je ne me rappelais pas avoir vu le moindre signe de fête à notre entrée dans la ville. Ca ne faisait pas cinq minutes que nous étions dehors que je me mourrais déjà de froid. J'insistais auprès de mon frère pour aller nous chercher des boissons chaudes. Au banquet, une jeune fille d'une vingtaine d'année nous servit deux tasses fumantes. Je les pris avec gratitudes, la remerciant en russe. _ Vous n'êtes pas d'ici ! Me dit-elle avec le sourire. _ Qu'est-ce qui vous fait penser cela ? _ Votre charment accent et, vous frissonnez tellement qu'on entendrait vos os claquer de l'autre côté du pays. Elle éclata de rire et reprit la parole. Que venez-vous faire dans un lieu perdu comme le notre ? Elle était très aimable et fort jolie d'ailleurs. J'allais lui répondre car je ne voyais aucun mal à discuter avec elle mais Ikki me tira par la manche et nous nous éloignâmes après l'avoir gracieusement remerciée. _ Fais attention à ce que tu fais ! Lâcha-t-il bougon , une fois seul tout les deux. _ Rhôoo, ça va hein ! J'allais pas lui dire : " je suis venu enquêter sur votre ville qui semble cacher un laboratoire secret. Au fait, vous ne seriez pas généticienne des fois ? " Pis, je te signale que j'aurait pu profiter de la conversation pour recueillir quelques infos. _ Te fatigue pas, je peux lire dans leurs pensées sans plus avoir à déclencher mes attaques. _ Ah oui ? Depuis quand tu fais ça ? _ depuis un temps assez long pour être au courant de bon nombres des bêtises que tu me caches. _ T'as fouillé mon esprit ? J'étais outré. J'avais la sensation qu'il avait violé une partie de mon intimité et je n'appréciait vraiment pas cette attitude. Ikki me dévisagea avec un sourire malicieux. _ Je ne suis pas assez pervers pour m'immiscer dans l'esprit de mon propre frère. Mais au moins maintenant je sais, grâce à ta réaction, que tu m'en caches des choses. Il s'était moqué de moi et j'avais fait plus que courir. Nous marchâmes dans la ville quelques temps. Ikki parlait peu, il se concentrait à triturer l'esprit des passants. J'étais assez curieux de savoir ce qu'il pouvait bien lire dans ces têtes rondes aux joues rosies par le froid. Je me demandais d'ailleurs quelle sensation cela faisait de se retrouver dans la tête d'un autre. Après une bonne heure de déambulation, mon frère me fit signe de le suivre. Nous traversâmes la grande place et il nous fit obliquer à droite pour nous enfoncer dans une ruelle sombre. _ Où allons nous ? demandais-je en chuchotant. _ Je n'ai trouvé aucune allusion à un quelconque laboratoire dans leurs esprits. Mais presque toutes ces familles ont au moins un de leur membre médecin. Tout le corps médical, même les spécialités les plus étranges, est réuni dans cette ville. _ Ca ne m'indique pas où nous allons. _ beaucoup d'entre eux ont en commun le bâtiment là au bout. Je ne sais pas ce qu'il renferme. C'est …comment dire ? On dirait que les habitants de cette ville ont appris à museler leurs esprits. Je sens qu'ils contiennent d'importantes informations, mais je n'arrive pas à les atteindre. La seule image nette que j'ai pu extraire est celle de ce bâtiment. _ Il s'agit peut-être d'une salle communale ! _Non ! Il y a autour de ce lieu une sorte d'aura. Nous avançâmes en faisant le moins de bruit possible. La porte d'entrée était fermée et rien ne trahissait la présence de qui que ce soit à l'intérieur. _ A toit de jouer frangin ! Je déposais ma main sur le verrou et concentra mon énergie pour débloquer la serrure. Nous débouchâmes sur un vaste hall. En face, un large escalier menait aux étages supérieurs. Ikki s'y engagea en premier et je le suivis aussitôt. Le premier étage n'était constitué que d'une seule salle aussi grande que le hall. Elle rassemblait presque cinq cents bureaux rassemblés le long des façades Est et Ouest. Ce devait être un bâtiment administratif. _ Fouillons un peu, voir si on trouve quelque chose d'intéressant. IKKI Nous étions dans le fameux bâtiment depuis bientôt deux heures. Je me chargeais de fouiller les tiroirs, armoires et autres pendant que Shun analysait le contenu de chaque ordinateur. Même si, pour l'heure, nos trouvailles ne nous apprenaient rien à notre sujet, j'avais enfin la certitude que nous étions biens dans une communauté de scientifiques. Tous les dossiers écumés traitaient d'expériences biologiques pour la plupart incompréhensibles. Et, tout ceci me frustrait énormément. J'avais l'impression d'être devant la porte de la caverne d'Ali Baba et de ne pouvoir l'ouvrir faute du mot de passe adéquat. Nous n'avions toujours pas de nouvel axe de recherche. Je commençais sérieusement à douter que ce lieu ait un véritable lien avec la fondation Kido. Il se pouvait simple que nous soyons dans un centre de recherche gouvernemental russe. J'allais décider de rentrer à l'hôtel, lorsque mon frère s'exclama soudain : _ " Bingo ! " _ " T'as trouvé quelque chose ? " demandais-je plein d'espoir. _ " Oui ! Je pense avoir mis la main sur notre cher docteur Ozonouvskaia. Tu te rappelles, j'avais trouvé dans les archives de Moscou la trace d'une certaine Natessio Kosmarovitch, épouse de Vladimir Ozonouvskaia. " _ " Oui ! La généticienne ? " _ " C'est ça ! apparemment je suis là dans le logiciel de gestion des employés de la ville. J'ai trouvé dans ces archives un fichier sur notre cher médecin mystérieux, enregistrée sous son nom de jeune fille. " Je venais me placer derrière lui pour constater de mes yeux ses dires. Ce fichier était une vraie mine d'information. Il recollait bon nombre des morceaux du puzzle. _ " Donc, Natessia Kosmarovith serait employée ici depuis trente ans et….. Ah, ça c'est intéressant. Elle a fait plusieurs séjours au Japon dont un de cinq ans. " _ " Regardes les années. Etions nous déjà tous partis en formation ? " _ " Hmmm… non ! Ca correspond à la période où nous étions encore à la fondation Kido. Attends… " Shun attrapa son sac, y fouilla un moment et en sortit son lecteur mini-disque. _ " Ce n'est pas le moment d'écouter de la musique Shun. " Ma réflexion lui fit lever les yeux au ciel de désespoir. _ " Mais non niisan. Les MD enregistrent trois fois plus d'informations que les autres supports. " Je réalisais, alors que Shun copiait les fichiers, combien j'étais ignorant en informatique. _ " Les ordinateurs de cette salle sont tous en réseau. Reprit-il. Celui-ci est, à ce que je vois, l'ordinateur principal. Je vais mettre dans son disque dur un cheval de Troie. " _ " Un quoi ? " _ " Un virus qui me permettra d'accéder à leurs dossiers depuis mon portable à l'hôtel. Leur système est beaucoup plus sophistiqué qu'il n'y paraît. A mon avis, il y a des fichiers et niveaux cachés. Je vais attendre que l'un d'entre eux s'y connecte pour y pénétrer sans forcer le système. Comme ça, ni vu, ni connu. _ " Petit géni ! Je t'adore. " _ " Je sais. Et toi, t'as trouvé quelque chose ? " _ " Rien de très utile. Ca fait longtemps qu'on est là. Vaudrait mieux filer ! " Je ramassais nos sacs pendant que Shun éteignait l'ordinateur. Nous sortîmes du bâtiment et Shun enclencha la serrure grâce à ses pouvoirs. La fête battait encore son plein, partout les gens riaient et dansaient. Nous traversâmes la ville vers notre hôtel, empruntant les ruelles sombres pour n'attirer l'attention de personne. L'entrée de notre hôtel était déserte. Même le réceptionniste participait à la fête ce qui, somme toute, nous arrangeait bien. Nous montâmes vers notre chambre assez rapidement. Quelque chose, malgré le calme apparent des lieux, me turlupinait. J'avais une mauvaise impression et sans savoir pourquoi, je signifiais à mon frère de ne faire aucun bruit. Arrivés devant la porte, nous restâmes quelque temps attentifs au moindre son. J'entendis rapidement quelque bruits de mouvements qu'on tentait de rendre aussi inaudibles que possible. Il y avait quelqu'un dans notre chambre. Non, en analysant bien les sons, ils étaient deux. Je me concentrais pour me connecter aux esprits de nos invités surprise et constatais qu'ils avaient érigé des barrières mentales de protection. Il ne s'agissait pourtant pas de chevaliers, leur cosmos étant aussi bas que celui de simple hommes. Ils avaient donc reçu une formation spéciale, tout comme le professeur Ujuoka. Cependant, mes dons de télépathie étaient puissants et contourner leurs défenses étaient pour moi un jeu d'enfant. Je m'immisçais donc dans leur pensées. Il y avait une femme du nom de Svetlana. Elle devais avoir une quarantaine d'années. Je ressentais en elle beaucoup de frustrations, de colère et d'impatience. Elle semblait appartenir à une société secrète, chose peu étonnante vu les circonstances, qui ne voyait pas d'un bon œil notre présence dans les murs de Mirny. Je n'allais pas très loin dans son mentale car je sentais son entraînement poussé et je ne voulais pas qu'elle se rende compte de ma présence. Celui qui l'accompagnait, un jeune homme vingt-huit ans prénommé Oleg, était lui plus malléable. Je pillais sans vergogne son esprit car, malgré ses exercices mentaux, il n'était pas assez fort pour déceler ma présence en lui. J'appris que la ville était dotée d'un conseil suprême où siégeait les grands dirigeants de ce qui me semblait être une organisation pas très claire. Ce fameux conseil connaissait nos identités et notre venue à Mirny les faisait apparemment paniquer. Nos deux intrus cherchaient donc à récupérer les quelques indices que nous avions déjà glanés. En d'autres termes, ils savaient pour nos visites dans les locaux de la fondation et dans les archives de Moscou. Je découvris même que la femme était l'exécutrice du professeur Ujuoka. Je la détestais aussitôt, tout en la cataloguant dans les individus dangereux. Quoi qu'il en soit, ils ne trouveraient rien puisque nous avions toujours les documents sur nous et que l'ordinateur de Shun était caché dans un faux plafond qu'il avait créé. _ " Il n'y a rien Major ! " Chuchota Oleg. Major ? La femme était donc une militaire. Super, ne manquait plus que l'armée s'en mêle. _ " Il doivent tout garder sur eux où dans une cachette sûre. Répondit-elle. Surveilles les de près, mais ne fais rien pour les provoque. A eux deux ils sont plus puissants que toutes les armées du globe. " Au moins, ils savait de quoi on était capable et nous laisserait un peu de tranquillité même si tous nos faits et gestes seraient surveillés. Ils se mirent à bouger et je sus qu'ils se dirigeaient vers la porte.. Shun m'attira à lui et je sentis quelque chose vibrer autour de nous. Les deux intrus sortirent de la chambre et passèrent devant nous sans même nous voir. J'en étais abasourdi. Quand ils furent totalement hors de vue, Shun me lâche et la sensation de vibration disparut. _ " Là Shun, il me faut une explication. " _ " j'ai juste changé un instant nos structures moléculaires pour qu'on prenne l'apparence du mur. " _ " Oh !…. Cool ce pouvoir. " Une fois dans la chambre j'intimais à Shun de ne pas parler, ils avaient certainement mis des micros un peu partout. Je le contactais mentalement pour lui transmettre toutes les information que je venais de recueillir. Je l'informais aussi qu'à l'image de son cheval de Troie, je m'étais accroché au mental d'Oleg ce qui me permettrait d'être au courant de chacun de ses conversations, déplacements et autres. Sans même s'en douter, il devenait notre espion. Shun souleva l'une des dalles du faux plafond et en sortit son ordinateur. Il y transféra les données du mini disque et nous commençâmes à les étudier. Il y avait une centaine de scientifiques employés ici et, la comptabilité montrait qu'ils recevaient de grosses sommes d'argent d'une société basée à Acapulco du nom de " Farseer ". Plus tard, Shun chercherait à savoir si elle appartenait au Holding Kido. L'ensemble de leurs recherches concernaient le projet " Mimétysée ". grosso-modo il s'agissait de trouver des compatibilités entre le génome humain et des souches dont on ne parvenait à saisir la nature. En tous cas, il s'agissait bien de provoquer des mutations sur l'anatomie humaine. Mais, cela dans quel but ? Nous tombions de sommeil, il était temps de se coucher. Le lendemain, nous avions décidé de prendre notre petit déjeuner dans le restaurant de l'hôtel. Il fallait faire comme si de rien n'était. Pour parfaire notre rôle de simples touristes, même si plus personne n'y croyait, nous discutions de tout et de rien. Une serveuse vint prendre notre commande. Je la reconnus aussitôt. Il s'agissait de la même jeune fille avec qui Shun avait eut, la veille, la maladresse de discuter. Peut-être était-ce elle qui avait prévenu nos " ennemis " ! Elle nota notre commande et partit en cuisine pour revenir dix minutes plus tard avec un plateau fumant. Elle déposa devant Shun son chocolat, ses tartines et autres puis se mit au devoir d'en faire de même pour moi. Elle commença par les tartines, le beur et en dernier le café. Mais, en déposant la tasse, elle trébucha maladroitement, renversant le café bouillant sur mon pantalon. La voyant tomber, je lui attrapais les mains pour la retenir. _ " Oh, excusez moi monsieur. Je suis navrée. " Elle s'agrippa à moi pour se relever et je sentis l'une de ses mains fourrer un petit bout de papier entre mes doigts. Son geste était passé inaperçu. Continuant sa comédie, elle essuya le café renversé et repartit avec ma tasse vide qu'elle remplaça peu après par une autre bien pleine. En déposant la seconde tasse elle s'excusa à nouveau, me dévisageant avec un peu trop d'insistance. Une fois seul avec Shun, je le contactais mentalement pour lui parler du petit mot que j'avais rapidement mis dans ma poche. Surpris, ils ne montra pourtant aucun signe d'émotion, feignant de se moquer de mon pantalon mouillé. J'avalais mon repas à toute allure et forçais Shun à en faire autant, pour regagner au plus tôt notre chambre où nous pourrions découvrir le contenu du mot. Une fois à l'abri des regards indiscrets, j'extrayais le papier de ma poche. Le message était court : " Retrouvez moi à 14h ici. C'est important. Faites attention, vous êtes surveillés. " Au dos, elle nous avait dessiné un plan partant de l'hôtel jusqu'à une petite maison au nord de la ville. Shun et moi étions perplexes. Devions-nous nous y rendre ? Etait-ce un piège ? |