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L'homme se réveilla. Il regarda autour de lui, et comprit qu'il était dans une chambre d'hôpital, mais il ignorait ce qui l'avait mené là. Il ne lui fallut pas plus d'une minute pour se mettre debout, malgré une douleur encore très forte à la poitrine. Un médecin et une infirmière entrèrent alors dans la chambre, plongés dans une intense discussion : - Vous dites qu'il s'est réveillé ? D'après les premiers examens, il en avait encore pour au moins deux semaines. - J'en suis moi-même surprise, docteur. Ces histoires de Saints seraient donc fondées ? Puis s'adressant au garçon qu'il découvrit debout, le médecin poursuivit : - Bonjour jeune homme, content de voir que vous allez mieux. Vous avez bénéficié des meilleurs soins possibles, ici, à l'hôpital de la corporation Grade, mais pour être honnête, la promptitude de votre rétablissement tient du miracle ! - J'en ai vu d'autres, répondit le jeune garçon, le regard perdu dans le vide. La mémoire lui revenait peu à peu. - Mais que s'est-il passé après que ce Saint rebelle, le Phénix, m'ait porté ce coup qui m'a terrassé ? J'espère au moins qu'il n'est rien arrivé à la princesse Saori ? - Rassurez-vous, la princesse va très bien, mais je ne peux vous en dire plus sur les événements qui ont suivi votre KO. Cependant, il y a ici une personne de la corporation qui devrait pouvoir vous répondre, elle a déjà été alertée de votre réveil et ne devrait plus tarder. - Une personne de la corporation... ? Mais de qui s'agit-il ? Comme pour lui répondre, un homme entra dans la pièce. De haute stature, le crâne complètement rasé, son regard faisant le tour de la chambre, l'homme s'adressa fermement au convalescent : - Jabu, te voilà enfin sur pieds ! - Tatsumi ! Que s'est-il passé au Colisée depuis que je suis inconscient ? - Eh bien... Après t'avoir vaincu, le Saint du Phénix s'est emparé de la Cloth d'or, aidé des Saints noirs. Les Saints de bronze encore valides, à savoir Seiya, Shiryû, Hyôga et Shun se sont lancés à leur poursuite, mais ces idiots ne sont parvenus à récupérer que quatre parties de la Cloth, et ont laissé échapper les cinq autres ! Aussi, lorsque ce renégat leur a lancé un défi, ils n'ont pas eu d'autre choix que de le relever. Actuellement, une bataille fait rage entre Saints de bronze et Saints noirs. - Comment ça ? Une guerre contre le mal se déroule en ce moment même, et je suis là à ne rien faire ? Et qu'en est-il des autres ? Vous avez parlé de quatre Saints encore valides ? Et Nachi ? - Nachi a été le deuxième après toi à être victime de la puissance d'Ikki, et il est lui aussi dans cet hôpital. Cependant, ses blessures ne sont pas physiques. Il semble avoir subi une attaque psychique, et les médecins ne savent que faire. Quant à Geki et Ichi, ils sont toujours convalescents de leurs combats contre Seiya et Hyôga. En fait, parmi tous les Saints qui se trouvent ici, tu es le premier à reprendre tes esprits. - Mais aucun d'eux ne sait qu'une bataille se livre actuellement... Quelles que soient les raisons qui nous ont poussés à participer à ce tournoi, nous sommes avant tout des Saints, et je sais qu'aucun d'entre nous ne restera là pendant que nos frères d'armes se battent ; quel que soit l'état dans lequel ils se trouvent, je suis sûr de pouvoir les réveiller en exhortant leur cosmos grâce au mien. Au terme d'un silence, il reprit : - Attendez... Et Ban ? Vous n'avez pas parlé de lui. S'est-il remis de notre combat ? Se trouve-t-il lui aussi dans cet hôpital ? - En fait non, et le problème est bien là. Quelques heures après votre combat, Ban a disparu de son lit en emportant son armure. Pff ! Sans doute s'est-il enfui de honte ! Lui qui semblait si sûr de sa force, il a été l'un des premiers à connaître la défaite lors de ce tournoi ! - Non, vous vous trompez Tatsumi ! Ban est lui aussi un Saint, et je sais qu'il n'abandonnerait pas ainsi. En fait, j'ai même une idée de l'endroit où il se trouve actuellement. - Comment ? Tu dis savoir à quel endroit il s'est rendu ? Mais alors où ? Jabu souriait sereinement. Il semblait avoir eu une révélation : - Là où nous allons tous nous rendre, Tatsumi : là où nous nous avons reçu notre sacre ! Manoir de la famille Kido, Tôkyô, Japon. Quatre jeunes garçons à l'allure guerrière se présentèrent à l'entrée de la propriété, demandant à voir la princesse Saori Kido, héritière de l'immense corporation Grade. Ils portaient sur leur dos de larges caissons métalliques dont le poids ne semblait guère les gêner. Trois d'entre eux étaient encore dans le coma il y a encore quelques heures, avant que leur cosmos ne fut réveillé par celui de leur ami Jabu. Un serviteur ouvrit la porte du bureau de feu Mitsumasa et leur fit signe d'entrer. - Mes hommages, princesse, commença Jabu. - Bonjour à vous tous, chevaliers. Je suis heureuse de voir que vous êtes tous sur pied, bien que Ban manque à l'appel. - Rassurez-vous princesse, je pense savoir où il s'est rendu, et si nous avons besoin de son aide, je suis persuadé qu'il nous rejoindra. C'est d'ailleurs la raison de notre présence ici : nous avons une requête à formuler. - Une requête ? Très bien, je vous écoute. - Tatsumi nous a appris que Seiya et les autres livraient bataille en ce moment même contre les Saints noirs, et nous aimerions les aider dans cette lutte. Même si nous avons dû les combattre durant le tournoi, notre devoir de Saint passe avant tout. Cependant, nous ne serions pas de taille à les épauler avec notre puissance actuelle, aussi nous souhaiterions retourner auprès de nos maîtres respectifs afin d'approfondir nos enseignements, quitte à devoir subir à nouveau des épreuves mortelles. Nous n'attendons plus que votre accord pour partir. - Alors c'est que vous êtes prêts à entendre ce que j'ai à vous dire. Seiya, Shiryû, Hyôga et Shun eux-mêmes ne sont pas encore au courant. Elle se tût un instant, laissant place à un de ces silences que pour rien au monde il faut interrompre, puis elle reprit sur un ton plus solennel : - Je vais dès à présent vous révéler qui je suis, et surtout qui vous êtes. Quant à mon autorisation, vous l'avez déjà. Maintenant, écoutez-moi... Dans l'immense domaine de la famille Kido, derrière le manoir, un jet privé de la corporation était fin prêt à partir. Les quatre jeunes garçons se disaient au revoir, mais ils savaient que leur séparation serait de courte durée. En fait, aucun d'eux n'avait l'esprit concentré sur ces adieux, ils étaient encore sous le choc des révélations de Saori. Apprendre que cette dernière était la réincarnation d'Athéna, rescapée d'une tentative de meurtre perpétrée par un traître aujourd'hui à la tête du Sanctuaire, le berceau des Saints, c'était déjà beaucoup. Mais découvrir qu'ils étaient tous les enfants de Mitsumasa Kido, et qu'ils étaient par conséquent tous frères, c'était trop. Le monde leur semblait désormais totalement différent, ils en venaient même à douter de leur propre existence. Chacun d'eux se remémorait à cet instant l'une des phrases de Saori, ou plutôt d'Athéna : "Vous savez désormais que vous êtes des Saints aux ordres d'Athéna, Mais avant même de l'apprendre, vous étiez prêts à offrir votre chair et votre sang en vous lançant dans cette bataille ! Vous avez ainsi prouvé que vous êtes de véritables serviteurs de la justice." Cette affirmation les remplissait de fierté. Jabu, assis dans le jet, un doux sourire aux lèvres, laissait son esprit planer à la lumière de ces révélations : "Je le savais, je le savais ! Malgré ses manières d'enfant gâtée, j'ai toujours senti en Saori une aura particulière, qui faisait d'elle un être d'exception. Savoir qu'elle est la déesse chargée de défendre l'humanité ne fait que confirmer ce que je ressentais déjà, et désormais, je vais pouvoir combattre pour elle !" Geki, rentrant dans l'appareil, était également plongé dans ses pensées : "Quand je pense qu'il y a peu, nous combattions dans un tournoi pour la gloire et la célébrité, et qu'aujourd'hui, nous sommes les représentants de la justice sur terre ! Nous détenons un rôle primordial dans l'histoire de l'humanité !" Ichi, de même, était focalisé sur ces récentes révélations : "Notre père a donc utilisé ses propres enfants comme chair à canon ! C'est horrible quand on y pense mais il ne l'a pas fait de gaieté de cœur : ce fut même un énorme sacrifice qu'il consentit à accomplir ! Il l'a fait car il avait compris que le sort du monde en dépendait." Nachi, qui rejoignait ses compagnons dans le jet, avait l'esprit tout aussi occupé : "Jabu, Ban, Geki, Ichi, Seiya, Shiryû, Hyôga, Shun, et même Ikki ! Ils sont tous mes frères ! Si seulement Ikki l'avait su plus tôt, lui qui nous a tous attaqués et qui m'a fait voir l'enfer, il n'aurait peut-être pas rejoint les forces du mal !" Et le jet s'envola. Ils allaient tous retourner à leurs camps d'entraînement, bien plus tôt qu'ils ne l'auraient imaginé ; ils prévoyaient d'y rester deux mois, et pas un jour de plus. S'ils ne parvenaient pas à perfectionner leurs techniques durant ce laps de temps, c'est qu'ils n'y arriveraient jamais. En se fixant ainsi une échéance, ils partaient plus motivés que jamais. Une lettre fut envoyée à Ban, sur son ancien lieu d'entraînement en Tanzanie. Celle-ci disait : Si tu es prêt à combattre et à risquer ta vie pour la justice, Si tu souhaites te lancer à nos côtés dans la bataille qui se prépare, Alors entraîne-toi comme chacun d'entre nous le fait en ce moment, Entraîne-toi comme jamais tu ne t'es entraîné, Et dans deux mois, rejoins-nous au Sanctuaire d'Athènes, en Grèce. La lettre n'était pas signée, à la place il y avait le dessin de quatre constellations facilement reconnaissables pour un Saint : la Grande Ourse, la Licorne, le Loup, et l'Hydre Femelle. Puis au courrier était adjointe une lettre de Saori, lui révélant toute la vérité. Deux mois plus tard, à l'aéroport d'Athènes, les quatre garçons s'étaient retrouvés. Ils avaient tous beaucoup changé, non seulement physiquement, mais aussi mentalement, cela pouvait se lire sur leurs visages. Ils n'étaient désormais plus les mêmes : leur défaite au tournoi, la découverte de l'identité de Saori, la révélation de leur fraternité, les retrouvailles d'avec leurs maîtres, et le nouvel entraînement qu'ils avaient subi les avaient transformés. D'ailleurs, qui ne l'aurait pas été par tant d'événements ? Ils furent alors rejoints par un agent de la corporation Grade. Celui-ci leur annonça, le visage grave : - Ban n'a donné aucune nouvelle suite aux lettres envoyées. Nous avons même tenté de nous rendre en Tanzanie, mais nous n'avons pas pu trouver le jeune chevalier. La déception marqua automatiquement le visage des quatre Saints. Jabu, cependant, ne se satisfaisait pas de cette conclusion : - Non, c'est impossible. Je suis persuadé qu'il est bien là-bas, et il doit y avoir une raison pour qu'il n'ait pas répondu à nos appels. Par ailleurs, il est normal que vos hommes n'aient rien trouvé, les lieux d'entraînements ne sont accessibles qu'aux chevaliers, et pour toute autre personne ils restent entourés de mystère. Il se tut un instant, puis se tourna vers ses trois compagnons : - Mes amis, nous devons nous y rendre nous-mêmes, nous sommes les seuls à pouvoir le rejoindre et le convaincre. Tout d'abord surpris par une telle proposition, les trois Saints comprirent rapidement qu'il n'était pas question de laisser un frère de côté avant de se lancer dans la bataille, alors tous acquiescèrent : ils étaient résolus à se rendre en Tanzanie. L'agent de la corporation Grade les mena à un jet semblable à celui qui les avait transportés il y a deux mois de cela, et ils s'envolèrent pour le continent africain. Quelques heures plus tard, ils atterrirent à proximité du Mont Kilimandjaro. Malgré la vastitude du lieu, ils y retrouvèrent vite Ban et purent constater à quel point lui aussi avait changé. Ce dernier sembla surpris de les voir arriver, ce qui intrigua Jabu : - Mais tu n'as donc pas reçu nos lettres ? Il répondit d'un hochement de tête vers le bas, mais ne s'interrogea pas davantage. Il s'adressa alors à l'assemblée : - Veuillez me suivre, mon maître Andwele souhaite vous rencontrer. Et sans ajouter un seul mot il tourna les talons en les incitant à le suivre. La même pensée leur traversa tous l'esprit : "Il a peut-être changé, mais il est toujours aussi peu bavard !" Toutefois, Ichi ne pouvait concevoir de se laisser conduire sans en savoir plus : - Mais que nous veut ton maître ? - Je l'ignore moi-même, répondit le Saint taciturne, mais il savait que vous viendriez. Et il reprit sa marche. Les autres Saints n'eurent d'autre choix que de l'accompagner. Au détour d'une colline les attendait le maître de Ban. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, grand et fin, dont les longs cheveux tressés lui tombaient derrière les épaules. Ses vêtements d'un blanc immaculé faisaient encore plus ressortir la couleur de sa peau, noire comme l'ébène. Ses yeux plus noirs encore fixaient avec attention chacun des jeunes garçons qui se présentaient à lui. - Bonjour Saints de bronze, j'attendais votre venue avec impatience. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop d'avoir intercepté les lettres destinées à Ban, mais il était de la plus haute importance que je vous rencontre. Geki, quelque peu impatient, pris la parole : - Comment ça, c'est à cause de vous qu'on ne parvenait pas à joindre Ban ? Une guerre fait rage en ce moment, au sein même du Sanctuaire, et vous nous faites perdre notre temps ici ? - Je sais tout cela, je suis au courant de la trahison qui se propage au Sanctuaire. - Mais... comment êtes-vous au courant ? Seriez-vous devin ? - Oh non jeune homme, il ne s'agit pas de divination, mais de déduction ! Il suffit d'observer tous les événements qui se sont produits ces derniers temps au Sanctuaire pour comprendre ce qu'il en est. J'ai appris tout au long de ma vie à employer l'art de la déduction, et c'est une arme incroyable lorsqu'on la maîtrise ! Mais trêve de bavardage, je ne suis pas ici pour vous parler de mes facultés, si je vous ai fait venir auprès de moi, c'est pour vous proposer une autre voie dans votre lutte contre le Sanctuaire. Seiya et ses compagnons livrent vaillamment leur propre bataille en ce moment même, vous pouvez avoir confiance en eux ; bien sûr, vous pourriez les rejoindre et combattre à leurs côtés, mais je connais un moyen pour démasquer les démons qui se cachent au domaine sacré : - Ainsi vous connaîtriez un moyen qui nous permettrait de rétablir l'ordre au Sanctuaire ? Et quel moyen ? - Une intervention divine, dit-il simplement. - Une intervention divine ? reprirent-ils tous. - En effet. Vous auriez beau tenter de convaincre toute la chevalerie du Sanctuaire qu'un traître se fait passer pour le Grand Pope, aucun d'eux n'accepterait de vous croire. En revanche, si un dieu en personne venait dans l'antre du Sanctuaire et déclarait qu'Athéna n'y est pas, l'imposteur serait démasqué sur-le-champ et sans faire couler le sang. - Mais comment comptez-vous faire intervenir un dieu ? Et surtout lequel ? demanda Jabu. - Il existe une divinité, oubliée de tous, qui s'est toujours démarquée des autres dieux de par son tempérament et sa proximité avec les humains. Néanmoins, il a toujours été un allié de notre déesse. Il s'agit du héros devenu dieu, celui qui par la seule force de sa détermination et de son courage a su s'élever au même niveau que les maîtres de l'Olympe : Héraclès, le dieu de la force et jeune frère d'Athéna. - Comment ? Héraclès, le héros légendaire, le fils de Zeus ? Il serait possible de le faire intervenir ? - Hélas non, le dieu a disparu depuis plusieurs générations, et tout le monde ignore où il se trouve ou même s'il s'est réincarné. Néanmoins, je sais où repose son armure, dont l'éclat et la puissance équivalent à la présence du dieu en personne ! A cette dernière phrase, Nachi sembla interloqué. - L'armure d'Héraclès ? Vous voulez parler de la Cloth d'argent d'Héraclès, portée par mon maître Algethi ? - Cette protection est certes l'une des plus puissantes parmi les vingt-quatre Cloths d'argent créées par Athéna, mais il ne s'agit pas de cela. Héraclès avait reçu des Olympiens une armure unique en son genre, dont tout le monde a oublié l'existence aujourd'hui, tout le monde sauf moi... - Vous semblez savoir beaucoup de chose, sur nous, sur cette armure et tout le reste, fit remarquer Ichi. - C'est que l'on découvre beaucoup de choses en analysant tous les événements qui nous entourent : c'est comme un immense échiquier dont on peut anticiper les mouvements si l'on en comprend toutes les règles. Mais j'ai également mes propres sources. Maintenant, laissez-moi vous raconter l'histoire d'Héraclès, alors vous comprendrez comment acquérir son armure, et alors seulement vous pourrez juger de l'intérêt de cette quête. Il y a de cela très longtemps, dans les temps mythologiques, les douze dieux de l'Olympe régnaient en maître sur le monde. Zeus, le roi des dieux, eut un enfant d'une humaine : cet enfant était Héraclès. En raison de sa naissance bâtarde, l'Olympe ne l'accepta pas, et il dut vivre sur terre comme les autres humains. Il ressentait au fond de son cœur que ses origines étaient divines, et plus il grandissait, plus cela l'obsédait, le poussant à voyager à travers le monde afin de développer sa force en s'entraînant et en combattant, découvrant peu à peu tous les secrets de la force et du cosmos. Après de nombreuses années d'entraînement et de perfectionnement, il franchit une à une toutes les étapes du cosmos, au point de devenir lui-même un dieu. Ainsi élevé à sa nouvelle puissance, il provoqua les Olympiens, réclamant sa place parmi eux et la reconnaissance de son appartenance à la famille divine. Héra était cependant farouchement opposée à sa requête. Comme les dieux étaient partagés sur la décision à prendre, Athéna proposa de lui faire passer une série d'épreuves, choisies par les dieux eux-mêmes, afin de déterminer sa valeur. Héphaïstos et ses forgerons conçurent alors douze armures avec tout leur savoir, et chacune d'elles reçu des pouvoirs de l'un des douze dieux. Douze guerriers experts furent choisis pour les revêtir, et Héraclès devait les vaincre un à un : tels étaient les douze travaux qu'il devait accomplir pour être reconnu par les siens. Afin de prouver sa victoire aux dieux, il devait leur rapporter une pièce d'armure du corps de chacun de ses adversaires. Après quelques jours de bataille acharnée, il se présenta alors aux Olympiens avec en sa possession les douze trophées preuves de sa force. Afin de concrétiser l'acceptation d'Héraclès au sein de l'Olympe, les dieux lui offrirent une récompense : une armure divine. A la grande surprise du héros, cette armure était déjà en sa possession : il s'agissait en effet des douze pièces d'armure récupérées sur les guerriers qu'il avait combattus, et qui une fois assemblées, formaient sa protection sacrée. Héraclès vécut quelques temps aux côtés de sa famille divine sur le Mont Olympe, mais dans ce lieu parfait il fut rapidement confronté à un sentiment qu'il n'avait jamais rencontré lorsqu'il vivait parmi les humains : l'ennui. Alors il prit la décision de retourner sur terre, où un territoire lui fut consacré et devint son royaume exclusif, et là où aucun autre dieu n'avait le droit de se rendre. C'était une île immense située aux confins du monde. Depuis ces temps mythologiques, l'existence même d'Héraclès ainsi que celles de son armure et de son royaume ont été oubliées de tous, ou presque... |